Ouvrir le regard !

C’est une locution qui nous a été proposé pour cette semaine comme thème de réflexion : « Ouvrir le regard ».

Derrière cette expression qui semble évidente à première vue, se cache pourtant une multitude de sens et de possibilité d’interprétation que nous allons essayer de découvrir et de mettre à jour.

Pour se faire, nous allons tout d’abord définir les deux termes de cette locution :

Ouvrir : c’est écarter les éléments mobiles de manière à mettre en communication l’intérieur et l’extérieur, rendre accessible de l’intérieur.

Regard : action de regarder, de porter la vue sur quelqu’un ou quelque chose pour voir, connaitre, découvrir. C’est la manière de regarder, l’expression des yeux.

Dans un premier temps, ouvrir le regard fait ressortir une expression du domaine de l’esthétique, du soin, voire de la chirurgie. En effet, l’esthéticienne va utiliser des techniques de maquillage pour ouvrir le regard, le rendre plus ouvert, plus lumineux aux yeux d’autrui. Et si cela n’est pas suffisant, il peut être fait des soins ou de la chirurgie pour atteindre cet objectif. Mais ouvrir le regard, c’est aussi l’ouvrir sur le monde, sur autrui, en regardant de l’intérieur, c’est-à-dire voir avec son cœur.

 Quel beau paradoxe pour ces simples mots, qui pose question sur la nature humaine et sa complexité. Le regard peut être observateur, perçant, amoureux, dur, puissant, triste, gai, vif, fuyant…..la liste des adjectifs possibles est infini et la dichotomie entre le regard que l’on porte sur autrui et la volonté d’apparence au regard d’autrui est permanente consciemment ou inconsciemment.

Nous sommes bien souvent maitres de nos regards et de ses expressions et nous sommes acteurs de notre capacité à voir au-delà du simple regard. Ouvrir son regard, c’est voir au-delà de l’apparence, sans préjugés, au-delà des normes et des critères habituels. Regarder, c’est aussi tendre vers ce qui est invisible, se porter vers l’avant, aller vers l’avenir, percevoir un objectif.

Le langage non verbal peut se comprendre avec les yeux, mais un non voyant peut aussi voir avec le cœur et ressentir l’ouverture du regard de l’autre de l’intérieur. Le plus important dans la vie est souvent ce que l’on ne peut pas voir avec les yeux mais ressentir avec le cœur. Nous vivons dans un monde où l’apparence est primordiale, mise au premier plan par les réseaux sociaux et la technologie et cela rend encore plus complexe l’introspection qui nous est nécessaire pour voir apercevoir l’essentiel. La foi, encore une fois, n’est-elle pas un merveilleux exemple de cette ouverture du regard, de notre capacité à voir avec le cœur ?

C’est par une citation d’Antoine de Saint Exupéry, tirée de ce merveilleux roman qu’est le petit Prince que nous allons terminer cette petite réflexion, car elle illustre parfaitement bien la locution de cette semaine. « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »

Le Bonheur

Après l’amitié, nous allons cette semaine nous intéresser à un autre mot parmi la liste des mots que vous avez proposé :  BONHEUR

Le bonheur, 7 petites lettres, 4 consonnes, 3 voyelles, anodines prises individuellement mais qui unies, reliées entre elles forment un mot simple et pourtant si chargé de sens. 7 lettres qui forment un scrabble, seul mot que l’on peut former avec ces 7 lettres là et surtout un mot dont émane que du ressenti positif.

Si l’on s’en tient juste à la définition, le bonheur est un état émotionnel agréable, équilibré, de pleine satisfaction stable et durable, dans lequel se trouve quelqu’un qui estime être parvenu à atteindre les aspirations et les désirs qu’il juge importants.

Mais il n’existe pas de définition claire et unanime car le bonheur est une notion relative et subjective, ce qui ouvre une multitude de possibilités et de manières d’aborder le sujet. D’ailleurs, la quête du bonheur est un thème récurrent dans la littérature, livres, poèmes, chansons, sujets de philosophie, d’éthique, de spiritualité et de religions. N’existe-t-il qu’un seul bonheur, une seule forme de bonheur ? le bonheur peut-il être multiple, sa quête est-elle une fatalité, un besoin, un devoir ?

Une expression dit que « l’argent ne fait pas le bonheur » Certes il n’en est pas l’essence, mais pour une personne dans la misère, avoir de l’argent pour juste pouvoir avoir un toit ou se nourrir n’est-ce pas déjà un bonheur ? A contrario, avoir beaucoup d’argent ne garantit pas le bonheur, car le bonheur ne s’achète pas.

Tous les ans, au moment des vœux, nous nous souhaitons bonheur, santé, paix ; La santé, un bien inestimable que l’on estime et apprécie bien souvent lorsqu’elle a des faiblesses. Mais le bonheur en dépend-il vraiment ? il est peut-être plus aisé de l’atteindre lorsque l’on est en bonne santé, mais on ne peut prétendre qu’une personne en situation de handicap ou de maladie n’est pas apte à trouver le bonheur, ce serait vraiment une vision très restrictive et injuste.

Nous pouvons comme cela apposer une multitude de mots divers et variés au mot bonheur avec toujours le même résultat, toujours les mêmes interrogations qui reviennent. Cette résultante vient du fait de la part subjective et relative de la notion de bonheur et de la diversité et de la complexité de l’être humain.

Le bonheur au final est différent pour tout un chacun car nous n’avons pas tous les mêmes attentes et les mêmes critères de satisfaction. Ce qui peut rendre heureux une personne ne l’est pas forcément pour l’autre. Il n’y a pas de bonheur universel, juste une quête, un désir de l’atteindre avec chacun ses propres références et c’est ce qui le rend si attrayant. Mais comme tout objectif, l’atteindre peut aussi le rendre moins intéressant puisqu’il devient accessible. Le paradoxe de l’éternel insatisfaction de l’homme prend ici toute son ampleur.

Dans la religion, le bonheur absolu se réfère souvent au paradis, autrement dit après notre existence mortelle, au-delà de notre condition, avec la notion de quête du bien durant notre vie pour atteindre le bonheur en récompense.

Alors soyons simples, essayons juste, guidés par Dieu, de nous satisfaire de petites choses, de faire au mieux à notre échelle pour atteindre le bonheur auquel on croit et on aspire, et ainsi avec tous nos bonheurs réunis, créer un état de bonheur propice à la prospérité de nos vies.