L’amour du prochain

Nous avons entamé le carême depuis une semaine déjà et nous nous dirigeons déjà vers le 2ème dimanche de carême. Nous profitons de ce temps de préparation à Pâques pour revenir à l’essentiel et ouvrir notre cœur par le jeune, la prière et le partage. Parmi les propositions de mots données par les lecteurs, il y avait l’amour du prochain, expression qui semble très adapté à cette période.

En effet, comment mieux sublimer ce carême que par l’amour ! Aimer son prochain, c’est aimer Dieu, c’est le suivre et l’adorer en avançant selon ses commandements. Il n’existe pas moins de 17 versets bibliques se rapportant à l’amour du prochain.  

Un jour, quelqu’un posa cette question à Jésus « Quel est le plus grand commandement ? Qu’est-ce qui est le plus important dans une vie ? » Et Jésus répondit dans Luc chap.10 v.27 : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ». C’est le premier et le plus grand des commandements. Puis dans le même verset, Jésus continue et dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi -même ». C’est le deuxième commandement.

L’amour, sentiment vif qui pousse à aimer quelqu’un, à lui vouloir du bien, à aider en s’identifiant plus ou moins. Inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entrainant des comportements variés. Fort sentiment d’affection et d’attachement envers un être vivant ou une chose, assez intense pour pousser ceux qui le ressentent à rechercher une proximité physique, intellectuelle ou même imaginaire avec l’objet de cet amour. Mouvement de dévotion qui porte un être vers une divinité, vers une entité idéalisée, adhésion à une idée, un idéal …..

Les définitions sont multiples et variées, mais malgré cela difficile d’illustrer l’intensité de ce mot, si puissant et évocateur de ce que nous sommes au fond, des êtres capables d’aimer, de montrer de l’amour envers notre prochain en étant dans l’écoute, l’empathie, la gentillesse, en le consolant et en lui rendant service.

Le prochain : personne, être humain considéré comme un semblable. Voisin immédiat, suivant, qui est le premier à se présenter dans l’espace ou dans le temps. Mais le prochain c’est aussi et surtout l’autre que l’on ne connait pas, que l’on n’a pas de raison d’aimer ni de détester, dont on est indifférent et c’est tellement plus facile ainsi……l’amour du prochain quel qu’il soit est une vertu, une volonté de vouloir le bien d’autrui par amour, aimer comme Dieu nous aime, sans conditions, ni attentes de retours. L’amour du prochain ne choisit pas qui aimer, il aime toute l’humanité. Il est normal d’aimer ses proches, sa famille, ses amis, mais il est beaucoup plus difficile d’aimer des gens que l’on ne connait pas, qui sont différents, voire adversaires, ennemis. Et c’est là que l’amour du prochain se manifeste, Dieu est Amour, et il nous demande d’être porteur de ce message d’amour qui fait la différence. L’amour du prochain est un principe moral, généreux, philanthropique. Il s’oppose à l’amour de soi, à l’amour propre, à l’égoïsme. Il est un fondement de la démocratie qui suppose que chaque citoyen respecte la dignité des autres. Manifester l’amour du prochain, c’est décider de faire le bien ou rendre heureux son prochain, refuser de lui nuire ou lui faire du mal. Il faut pardonner, ne pas faire de mal à celui qui nous offense est une manifestation d’amour.

Sur cette route du carême, engageons nous à prier avec Jésus, jeuner avec lui et partager avec foi en aimant notre prochain, en consacrant plus de temps aux autres. Incarnons l’amour de Dieu dans l’amour des autres car on ne peut aimer son prochain comme soi même sans aimer Dieu, ni aimer Dieu sans aimer son prochain comme soi-même, car l’amour pour son prochain est la preuve de notre amour pour Dieu.

Ce temps de carême est un temps d’introspection favorable à un retour à l’essentiel, un chemin de conversion et de réconciliation avec Dieu, un temps de renouvellement de nos cœurs. Profitons de chaque instant de ce carême pour perfectionner nos capacités d’amour, apprendre à aimer mieux, à élargir nos cœurs. Soyons réceptifs à l’Amour du Christ et compatissants avec chaque personne humaine, avec l’humanité que Dieu nous offre.

La prière, le jeûne, l’aumône et le partage ont pour objectif l’amour de Dieu et du prochain, sur cette de route de carême vers Pâques, soyons les enfants de l’Amour de Dieu.

Mercredi des cendres

Le mercredi des Cendres est un jour de pénitence qui marque le début du Carême dans le christianisme. Cette fête mobile a lieu 47 jours avant Pâques. Il est précédé du Mardi gras, qui est le dernier jour « gras » avant le carême, qui va durer 40 jours. Il se fête au plus tôt le 4 février, au plus tard le 10 mars.

Pour les Eglises d’Orient, c’est le Lundi Pur qui marque l’entrée en carême, deux jours avant le mercredi des Cendres, soit 48 jours avant la fête de Pâques.

La ritualisation des cendres est liée à la pénitence dès l’ancien testament. Dans le christianisme, le premier de concile de Nicée, en 325 ; préconise un jeune de 40 jours pour préparer Pâques. Le pape Grégoire 1er institue aux alentours de l’an 591 la coutume, en ce mercredi, de consacrer au service divin les cendres des rameaux de l’année précédente et de tracer avec ces cendres une croix sur le front des fidèles. En recevant cette croix de cendres, les fidèles doivent prendre conscience de leur caractère éphémère et faillible et qu’ils sont appelés à la conversion.

Cette année le Carême démarre donc ce mercredi 22 février avec le mercredi des Cendres, appel à la conversion, la repentance, la renaissance. Cette croix sur le front faite avec les cendres consacrées de l’année précédente est un signe très symbolique pour tout chrétien qui le reçoit. Les cendres sont un signe de repentance, elles représentent le péché et la fragilité. En traçant cette croix, le prêtre dit : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle », appel à la repentance et à la renaissance par la pénitence, cœur de cette période de carême qui s’achèvera le jour de Pâques. Cette pénitence va se manifester par le jeûne, la prière et l’aumône.

Il est vrai que le mot pénitence qui est au cœur de ce jour est un mot qui n’est pas avenant et dont il émane des connotations négatives, voire péjoratives liées à la notion de punition et de fautes. Se repentir, c’est accepter d’être un être faillible avec des faiblesses et des fragilités, ce qui nous rend vulnérables dans la société dans laquelle on vit et est en contradiction avec les attentes de nos vies quotidiennes. Ce n’est donc pas facile et inné de se reconnaitre « pécheur » et cela demande de l’honnêteté envers soi, de l’humilité et de la confiance en Dieu.

Pourquoi ne voir que les côtés négatifs de la repentance ? éloignons-nous des significations préconçues et qui semblent évidentes pour nous pencher sur notre foi et nos espoirs. Reconnaitre nos faiblesses et nos fautes est paradoxalement une formidable source d’espoir puisque la foi nous permet de croire au pardon de Dieu et à la chance de pouvoir prendre conscience de nos erreurs et de mettre tout en œuvre pour s’améliorer. Le carême va donc nous donner l’opportunité de faire une mise à jour de nos vies, un reset de pardon pour fortifier notre foi et nous préparer à l’avènement de Pâques. Alors acceptons les cendres comme signe de notre faiblesse et de notre pauvreté de cœur, et entrons dans ce carême avec la foi et l’espoir d’en renaitre tel un Phoenix. Nous allons cheminer vers Pâques ensemble en tentant de nous rapprocher de Dieu par des actions concrètes durant ce carême, par le jeune, la prière, la pénitence et l’aumône. Faisons de ce carême un temps de joie, d’amour et de don de soi, cheminons avec humilité et confiance vers le pardon de Dieu.