Être hospitalier(e) à Lourdes

Dimanche 19 février, une journée de retrouvailles de tous les pèlerins de Lourdes et l’ouverture de la saison des pèlerinages 2023, organisée à la paroisse de la Visitation à Chevigny-Saint-Sauveur avec le groupe Aineo. Nous espérons vous y retrouver nombreux pour un moment de partage et de convivialité.

L’occasion pour nous cette semaine de nous interroger sur la notion d’hospitalité et de découvrir les raisons d’effectuer le pèlerinage à lourdes en tant qu’hospitalier(e), de s’engager à y aller ou à y retourner.

Encore un bien joli mot de la langue française que le mot hospitalité, empreint de bienveillance et de positivité. Si on le définit, l’hospitalité est l’action de recevoir et d’héberger chez soi, gracieusement, quelqu’un par charité, libéralité, amitié ; on parle d’ailleurs d’offrir l’hospitalité à quelqu’un. C’est aussi la générosité, la bienveillance, la cordialité dans la manière d’accueillir et de traiter ses hôtes.

A Lourdes, ce mot prend tout son sens et est même sublimé par le message de Lourdes, le message de Bernadette et de Marie. Depuis plus d’un siècle, génération après génération, des pèlerins du monde entier répondent à la demande de la vierge Marie en mettant leurs pas dans ceux de Bernadette. Lourdes est un lieu de rencontre dont le message est celui de la rencontre et de la fraternité, la rencontre entre les malades et les hospitaliers, entre les générations, entre les nations et les cultures. Répondre à l’appel de la vierge Marie, c’est avoir pour mission d’accueillir, de servir et partager dans un lieu où les malades ont la première place, avec le respect et la dignité de toute vie au cœur des préoccupations de chacun.

S’engager en tant qu’hospitalier(e) pour le pèlerinage diocésain à Lourdes, c’est permettre à des personnes malades et handicapées de partir et de vivre ce moment souvent très attendu, dans la sérénité et la fraternité. Servir, c’est donner de son temps pour écouter, échanger à travers une présence, un sourire, des silences, un partage de tous les instants, un partage de joie, de douleur, d’espérance. Tous ces précieux moments sont ancrés dans le cœur de tous les malades, handicapés et hospitalier(e)s et génèrent une force intérieure puissante pour avancer sur le chemin du quotidien tout au long de l’année.

 L’hospitalité est une grande famille et la relation entre ses membres est une force sur laquelle s’appuyer pour un service efficient et satisfaisant auprès des malades. Il y a des règles à respecter, des gardes à assurer, du travail à partager en groupe, mais le  respect des règles et de l’autre fera une chaine solide de fraternité et une présence efficace auprès des malades. Durant ces quelques jours de service, nous devons être disponibles pour que chacun puisse compter sur l’autre là où il y en a besoin. Toujours garder l’esprit de service et faire passer l’intérêt des autres avant le sien, l’esprit d’équipe, de constance et de générosité. C’est un engagement de cœur, de corps et d’esprit, en gardant l’humilité de Bernadette, accepter le service demandé quel qu’il soit sans s’imposer. Le service peut parfois paraître exigeant et est fatigant, mais cela est nécessaire pour que nos frères malades et handicapés puissent être accompagnés dignement et de façon satisfaisante. La réalité du quotidien à Lourdes est très diverse et riche, avec ses nombreuses joies partagées mais aussi ses difficultés vécues dans la communion, l’attention et l’amour d’autrui.

Vouloir être hospitalier(e) et venir ces quelques jours à Lourdes, ce n’est pas de tout repos mais c’est tellement enrichissant et fort en émotions. C’est le fruit d’une réflexion et d’une démarche personnelle qui doit être motivée par la volonté profonde de servir, d’aller vers l’autre pour partager avec lui un temps de vie. C’est un amalgame de sentiments et de ressentis, d’amour partagé, de temps offert, d’échanges. C’est aussi de surprenantes rencontres avec l’autre, des multitudes de grâces reçues et de chemins retrouvés, d’espoirs et de souffles de vie réveillés. Il faut accepter de se mettre à nu, accepter d’apprendre, savoir écouter, apprendre à recevoir de l’autre discrètement. L’écoute commence par l’oreille, mais nous devons aussi percevoir par les yeux, l’esprit et le cœur ouvert avec humilité. Il faut être capable d’accepter les confidences de l’autre sans les solliciter , et partager les peines et les douleurs pour les porter ensemble dans la prière tout en les gardant pour soi tel un secret. Dans les moments de pause, être présent, profiter pour bavarder et écouter avec bienveillance. Une simple présence dans un silence peut être d’une grande richesse et d’un plus grand réconfort que des paroles sans intérêt. Toutes les émotions sont exacerbées pendant ce pèlerinage, alors il faut savoir prendre et se donner du temps, savoir donner de son temps pour communiquer, donner de son attention. Une attention de chaque instant, un détail peut vous paraitre anodin et être très important pour un malade, parler avec son corps, ses mains, ses yeux. Un simple sourire, une pression des mains, un clin d’œil sont parfois plus riches de sens et préférables à des paroles. Instaurer une relation de confiance, de respect et de partage est la source de moments forts vécus dans l’amitié et l’affection réciproque, d’une joie profonde qui peut briser la solitude de certains ou conforter l’espérance des autres. Le lien qui se crée permet ainsi d’anticiper les besoins de la personne malade sans être envahissant par l’observation non intrusive, l’empathie et la compassion.

La mission première de l’hospitalier(e) consiste à accompagner nos amis malades et handicapés dans une démarche de foi en pèlerinage à Lourdes. En profitant de l’esprit de charité qui souffle à Lourdes, il faut en arrivant se débarrasser de toute prétention personnelle, avoir confiance en Marie pour se mettre à nu et accepter le service demandé avec humilité. Le service de l’hospitalier(e) ne commence pas à Lourdes mais dès le quai de la gare et souvent bien avant , en amont pour la préparation du pèlerinage. Être hospitalier(e), c’est tisser des liens forts avec les personnes accueillies, vivre Lourdes dans la pratique des valeurs chrétiennes et former une communauté avec toute l’hospitalité.

Mus par l’élan et la force générés pendant ces précieux moments de pèlerinage, cette mission peut s’accomplir tout au long de l’année dans nos paroisses respectives, dans l’attente du pèlerinage suivant. Nous disons parfois qu’après le premier pèlerinage à Lourdes, on attrape le virus, je vous souhaite à tous d’attraper ce virus, ce sentiment de plénitude et d’accomplissement tellement parfait. Ce n’est effectivement pas de tout repos, mais la fatigue, ça se prépare et ça se répare. Mais ce sentiment de joie, de satisfaction, tout cet amour reçu, partagé, toutes ces émotions vécues, cela est incomparable et inimaginable, addictif à en devenir indispensable.

Je ne pourrai pas être présente ce dimanche 19/02/23 et je le regrette profondément. J’ai peut-être été un peu longue, mais vous l’aurez compris, Lourdes est pour moi un moment important, je dirais même crucial et je voulais partager mon expérience pour être un peu avec vous, dans vos têtes et dans vos cœurs pour cette journée de retrouvailles. En tous cas, je serai avec vous en union de prières et si j’ai donné envie à une seule personne de venir partager cette formidable expérience, alors ce sera déjà une belle satisfaction.

Je vous souhaite une bonne journée de prières, de convivialité, d’amour et de fraternité.

Tata Sophie de Marseille

Journée Mondiale des Malades

Cette semaine, ce n’est pas un mot proposé qui alimentera notre petite chronique hebdomadaire, mais un thème qui s’est imposé par le calendrier. En effet, instituée par Saint Jean Paul II en 1992, la journée mondiale des malades est célébrée tous les ans le 11 février, jour de la fête de Notre Dame de Lourdes. Cette journée se décline dans les diocèses français en un Dimanche de la Santé, généralement le dimanche le plus proche du 11 février, pour rappeler que l’accompagnement des personnes souffrantes et la préservation du don de santé sont des priorités évangéliques

La maladie, la vieillesse, le handicap font pleinement partie de nos existences, de notre expérience humaine et peut atteindre chacun de nous sans distinction d’âge, de race ou de condition sociale. Si nous sommes tous égaux face à la maladie, nous ne le sommes hélas pas face aux possibilités de soins car les inégalités sociales de santé sont réelles. La pandémie a d’ailleurs mis en exergue le rôle des soignants mais aussi les limites, les défaillances et les faiblesses de notre système de santé, que ce soit au niveau politique, économique, éthique ou socioéducatif. Ainsi, le grand âge, les comorbidités ont été des facteurs de « choix » face à l’urgence et aux besoins de soins en réanimation, révélant des tensions éthiques inacceptables.

La maladie quel qu’elle soit bouleverse nos vies, nous fait nous sentir vulnérable car il n’y a pas de place dans nos vies pour la fragilité. Ce bouleversement touche aussi nos proches qui doivent également s’adapter pour accompagner au mieux le malade. La vie continue, et la maladie isole car le malade est bien souvent rapidement mis à part de la vie des bien portants. La personne atteinte par la maladie, l’âge ou le handicap est comme assommée et se sent peu à peu abandonnée par les autres.  Parfois, même, elle se sent obligée d’abandonner pour ne pas être un poids pour ses proches, ce qui rend son existence inhumaine.

Nous avons tous en nous des aptitudes dont nous ne sommes pas conscients face aux épreuves et à la maladie, qui vont se révéler le moment venu. Il nous faut passer par toutes les étapes du deuil, car pour se battre il faut accepter son nouvel état pour prendre le pouvoir et être maitre de son combat et de ses choix de vie. Il n’y a pas de jugement à émettre sur la façon dont le malade choisit de combattre, de se battre ou pas. Chacun avec son vécu, son expérience, ses forces et ses faiblesses prendra les décisions qui lui semblent les plus adaptées.

Nous pourrions parler pendant des heures de la maladie et des répercussions qu’elle entraine, mais le fait est qu’il n’y a pas de solution ou de comportement unique pour y faire face. Chaque être humain est unique et est capable de résilience, quelque soit sa façon d’y parvenir. Ne soyons pas juges mais faisons preuve de compassion pour aider tous nos amis malades, porteurs de handicap ou faisant face à l’épreuve.

Pour cette Journée Mondiale des Malades et ce Dimanche de la Santé, nous vous proposons d’écouter le message du pape François émis à cette occasion, de faire preuve de compassion pour éviter que le malade fasse l’expérience de l’isolement et de l’abandon à travers sa maladie. Il nous faut cheminer ensemble et pas sur la même route chacun pour soi, apprendre à marcher ensemble dans la même direction comme Dieu nous le demande. Cette journée doit nous encourager à donner de notre temps, à soutenir les malades et être attentifs à leurs besoins sans être juges. Un simple instant d’attention, de compassion, de proximité , de tendresse peut engendrer une cascade de positivité et redonner une étincelle de vie , un monde plus fraternel. Les liens de solidarité et tout ce qui permet aux personnes atteintes de maladie de se sentir écoutées et reconnues est extrêmement important. Il n’est pas nécessaire d’être soignant pour être aidant, donner de notre temps, soutenir les malades et être attentifs à leurs besoins est à la portée de tous. Faire preuve d’empathie et de compassion pour autrui est dans les compétences de chacun. Même sans être chrétien ou sans avoir de convictions religieuses, chacun peut apporter son aide et sa compassion à des personnes souffrantes. Un geste, un sourire, une main tendue sont parfois salvateurs et plus porteurs que des mots dits sans convictions.

Le fait que cette Journée soit le jour de la fête de Notre Dame de Lourdes n’est bien sûr pas une coïncidence, mais un signe encore plus fort qui nous est envoyé. Alors ouvrons notre regard, notre cœur, nos mains pour accueillir et donner toute l’aide et l’amour dont nous sommes tous dotés, sans rien attendre en retour que l’amour de Dieu donne. Chacun de nous est précieux, personne n’est à exclure et nous avons tous à gagner à partager et à cheminer ensemble avec Dieu, sous le regard bienveillant de Marie.