Journée Mondiale des Malades

Cette semaine, ce n’est pas un mot proposé qui alimentera notre petite chronique hebdomadaire, mais un thème qui s’est imposé par le calendrier. En effet, instituée par Saint Jean Paul II en 1992, la journée mondiale des malades est célébrée tous les ans le 11 février, jour de la fête de Notre Dame de Lourdes. Cette journée se décline dans les diocèses français en un Dimanche de la Santé, généralement le dimanche le plus proche du 11 février, pour rappeler que l’accompagnement des personnes souffrantes et la préservation du don de santé sont des priorités évangéliques

La maladie, la vieillesse, le handicap font pleinement partie de nos existences, de notre expérience humaine et peut atteindre chacun de nous sans distinction d’âge, de race ou de condition sociale. Si nous sommes tous égaux face à la maladie, nous ne le sommes hélas pas face aux possibilités de soins car les inégalités sociales de santé sont réelles. La pandémie a d’ailleurs mis en exergue le rôle des soignants mais aussi les limites, les défaillances et les faiblesses de notre système de santé, que ce soit au niveau politique, économique, éthique ou socioéducatif. Ainsi, le grand âge, les comorbidités ont été des facteurs de « choix » face à l’urgence et aux besoins de soins en réanimation, révélant des tensions éthiques inacceptables.

La maladie quel qu’elle soit bouleverse nos vies, nous fait nous sentir vulnérable car il n’y a pas de place dans nos vies pour la fragilité. Ce bouleversement touche aussi nos proches qui doivent également s’adapter pour accompagner au mieux le malade. La vie continue, et la maladie isole car le malade est bien souvent rapidement mis à part de la vie des bien portants. La personne atteinte par la maladie, l’âge ou le handicap est comme assommée et se sent peu à peu abandonnée par les autres.  Parfois, même, elle se sent obligée d’abandonner pour ne pas être un poids pour ses proches, ce qui rend son existence inhumaine.

Nous avons tous en nous des aptitudes dont nous ne sommes pas conscients face aux épreuves et à la maladie, qui vont se révéler le moment venu. Il nous faut passer par toutes les étapes du deuil, car pour se battre il faut accepter son nouvel état pour prendre le pouvoir et être maitre de son combat et de ses choix de vie. Il n’y a pas de jugement à émettre sur la façon dont le malade choisit de combattre, de se battre ou pas. Chacun avec son vécu, son expérience, ses forces et ses faiblesses prendra les décisions qui lui semblent les plus adaptées.

Nous pourrions parler pendant des heures de la maladie et des répercussions qu’elle entraine, mais le fait est qu’il n’y a pas de solution ou de comportement unique pour y faire face. Chaque être humain est unique et est capable de résilience, quelque soit sa façon d’y parvenir. Ne soyons pas juges mais faisons preuve de compassion pour aider tous nos amis malades, porteurs de handicap ou faisant face à l’épreuve.

Pour cette Journée Mondiale des Malades et ce Dimanche de la Santé, nous vous proposons d’écouter le message du pape François émis à cette occasion, de faire preuve de compassion pour éviter que le malade fasse l’expérience de l’isolement et de l’abandon à travers sa maladie. Il nous faut cheminer ensemble et pas sur la même route chacun pour soi, apprendre à marcher ensemble dans la même direction comme Dieu nous le demande. Cette journée doit nous encourager à donner de notre temps, à soutenir les malades et être attentifs à leurs besoins sans être juges. Un simple instant d’attention, de compassion, de proximité , de tendresse peut engendrer une cascade de positivité et redonner une étincelle de vie , un monde plus fraternel. Les liens de solidarité et tout ce qui permet aux personnes atteintes de maladie de se sentir écoutées et reconnues est extrêmement important. Il n’est pas nécessaire d’être soignant pour être aidant, donner de notre temps, soutenir les malades et être attentifs à leurs besoins est à la portée de tous. Faire preuve d’empathie et de compassion pour autrui est dans les compétences de chacun. Même sans être chrétien ou sans avoir de convictions religieuses, chacun peut apporter son aide et sa compassion à des personnes souffrantes. Un geste, un sourire, une main tendue sont parfois salvateurs et plus porteurs que des mots dits sans convictions.

Le fait que cette Journée soit le jour de la fête de Notre Dame de Lourdes n’est bien sûr pas une coïncidence, mais un signe encore plus fort qui nous est envoyé. Alors ouvrons notre regard, notre cœur, nos mains pour accueillir et donner toute l’aide et l’amour dont nous sommes tous dotés, sans rien attendre en retour que l’amour de Dieu donne. Chacun de nous est précieux, personne n’est à exclure et nous avons tous à gagner à partager et à cheminer ensemble avec Dieu, sous le regard bienveillant de Marie.

La chandeleur

Cette semaine, nous n’allons pas débattre sur un mot donné mais parler d’un jour précis du calendrier : la chandeleur (2 février). En effet, après Noël, l’épiphanie, voilà une nouvelle date qui nous invite à nous réunir pour fêter un autre évènement en mangeant des crêpes.

La Chandeleur (fête des chandelles) est une ancienne fête païenne et latine, devenue ensuite une fête religieuse chrétienne correspondant à la présentation de Jésus au temple et à sa reconnaissance par Syméon comme « Lumière qui se révèle aux nations ». C’est l’une des douze grandes fêtes liturgiques célébrées par l’Eglise orthodoxe. Cette fête a lieu le 2 février et elle clôture le cycle de la Nativité, faisant suite à Noël puis à l’Epiphanie.

Au début du mois de février, les Romains organisaient les Lupercaleas avec des courses de flambeaux en l’honneur du dieu Pan. Une fête jugée décadente par les papes chrétiens qui lui substituèrent ensuite la Chandeleur. Autrefois, la Chandeleur était une fête païenne qui célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver, puisque c’est le moment des premières semailles. Comme de nombreuses fêtes païennes, elle a été christianisée pour devenir « la présentation de Jésus au temple ». Il s’agit du moment où l’enfant Jésus a été présenté au temple, 40 jours après Noël. Lors de cette fête religieuse, de nombreuses chandelles sont  allumées, bénies, puis emportées par les fidèles. Exposées à leurs fenêtres, elles apportent la lumière dans leur foyer, invitent la pureté et éloignent le mal.

Le lien avec les crêpes remonterait au Ve siècle : le pape Gélase aurait organisé le 2 février la première procession aux flambeaux et aurait eu l’idée de distribuer des sortes de galettes aux pèlerins venant à Rome ce jour-là.

De nos jours la dimension religieuse de la Chandeleur s’est estompée, mais nous avons conservé la tradition de manger des crêpes tout en ignorant souvent son symbolisme. La forme ronde et la couleur dorée des crêpes évoquent le disque solaire et le retour à la lumière. Les journées commencent à rallonger et pour les agriculteurs s’annonce un nouveau cycle de récoltes et un appel au printemps à venir. La crêpe est donc un symbole de prospérité et d’espoir. Elle fait aussi l’objet de rituels superstitieux bin connus : faire sauter la première crêpe avec de l’or dans sa main gauche pour assurer bonheur et prospérité dans son foyer ainsi que la fertilité.

Alors, quelles qu’en soient ses origines, la Chandeleur reste un moment de partage gourmand. Comme Noël, la tradition a évolué pour s’adapter au monde actuel et les commerces rivalisent d’ingéniosité pour faire de cette fête quelque chose d’unique à ne pas manquer. Peu importe, l’important c’est que chacun de nous ait la foi et l’envie de célébrer et partager ensemble un moment de convivialité et d’amour.

Comme vous le savez, la tata Sophie qui vous écrit depuis 2 mois est Marseillaise ……alors impossible de terminer ce petit topo sur la Chandeleur, sans vous parler de la particularité de la Chandeleur à Marseille. En effet, les fêtes de la Chandeleur à Marseille durent 9 jours et se passent dans le quartier de l’Abbaye de Saint Victor. Elles débutent le 2 février à 5h du matin. Une procession part alors du Vieux-Port et remonte jusqu’à l’Abbaye Saint Victor en passant par la rue Sainte, les pèlerins ont pour la plupart des bougies allumées. La Vierge noire conservée toute l’année dans les cryptes de l’Abbaye est couverte d’un manteau vert et présentée à la foule présente. L’archevêque bénît alors la vierge, les cierges verts et la ville qui s’offre devant lui et célèbre ensuite la messe.

Il se rend ensuite à la fameuse pâtisserie « Le Four des Navettes » qui se trouve non loin de là et bénit  à leur tour les biscuits, « les navettes », la tradition veut que chacun achète des navettes bénites.

La navette est un biscuit sec parfumé à la fleur d’oranger qui à la forme d’une barquette, dont l’origine connait plusieurs interprétations. Mais qu’importe la légende, à Marseille la navette est belle et bien le symbole de la Chandeleur. Alors de Marseille à la Bourgogne ou ailleurs, unissons nous pour encore et encore partager des moments de bonheur et de convivialité, avec notre foi et nos convictions, pour cimenter nos volontés d’une vie plus juste et satisfaisante.