Sur la route de la lumière de Pâques

Ce mercredi 14 février, jour du mercredi des cendres, nous sommes entrés en carême et nous nous sommes engagés avec foi sur la route de la fête de Pâques. Les hasards du calendrier font que cette date correspond cette année avec la saint Valentin, fête des amoureux, mais avant tout, sans le côté mercantile, fête de l’amour. Quelle plus belle invitation que cette conjoncture pour entamer ce carême, résolument, et profiter de ces 40 jours pour apprendre à vivre et grandir en se mettant à l’écoute de l’amour de Dieu et en entrant dans un combat spirituel positif et productif. Le carême va donc nous donner l’opportunité de faire une mise à jour de nos vies, un reset de pardon pour fortifier notre foi et nous préparer à l’avènement de Pâques.

« A travers le désert, Dieu nous guide vers la liberté »

En s’appuyant du livre de l’exode, c’est avec ce message que le Pape François nous invite à la réflexion, la solidarité et la liberté, en nous incitant à mettre à profit ce temps de carême pour nous libérer de nos chaines et trouver le chemin de la lumière de Dieu. Le carême est l’opportunité pour nous de prendre un chemin vers la liberté. En effet nous aspirons tous à faire nos choix de vie de façon libre. Nos décisions grandes ou petites orientent notre vie : choix d’un métier, engagement dans une association, vocation….. Bien souvent quand il nous faut choisir nous avons besoin de nous retrouver dans le silence et la solitude pour réfléchir. En tant que chrétien c’est le temps de la prière et de la rencontre avec Dieu.

Ce temps de carême et donc un temps de réflexion, de prière, de jeûne, de vie plus simple pour prendre soin des autres et partager davantage. Le carême est cette occasion qui nous est donnée de nous détacher de ce qui nous encombre, un chemin de méditation sur la mort et la résurrection de Jésus-Christ. C’est une disposition à dire oui autrement, une opportunité qui nous est offerte de nous libérer et de choisir la voie de l’amour.

Le carême peut se vivre seul, en famille, entre amis, ou avec une communauté. Il faut savoir dire non à tout ce qui mange notre temps : la télé, internet, les jeux vidéo, la recherche effrénée de consommation. C’est l’occasion de montrer que l’on peut dire oui pour lire, prier, visiter les plus faibles, les écouter, dire oui pour servir, se donner, être plus disponible à l’imprévu, passer plus de temps de qualité avec ses proches.

Entrer en carême, c’est prendre le départ d’un itinéraire vers la liberté et la lumière, 40 jours qui nous sont offerts pour revenir à Dieu et préparer la grande fête de Pâques. Un cheminement avec un but commun mais un itinéraire propre à chacun avec l’espérance de nouvelles perspectives différentes. Traditionnellement, le carême répond pour chaque chrétien à des démarches spirituelles comme le jeûne, la prière, le partage. Mais concrètement chacun vit et adapte ses efforts de conversion à sa vie et aux circonstances, en gardant à l’esprit d’accepter joyeusement de vivre ces 40 jours sans se décourager et en gardant en tête que l’essentiel est d’écouter Dieu au quotidien dans son cœur. Chacun a son itinéraire, à la fois intérieur et extérieur, mais tous ont pour but de se recentrer sur l’essentiel et de mettre davantage leur pas dans ceux de Dieu.

En effet pour certains ce carême va être un temps privilégié pour approfondir l’amour de Dieu et en témoigner sur les réseaux sociaux. Utiliser internet pour partager sa foi, au détour des joies et des épreuves, donner un peu de sa force et de son espérance à celui qui est découragé ou épuisé, c’est aussi faire du bien à autrui en utilisant les moyens modernes mis à notre disposition et permettre à d’autres de ne pas cheminer seul. A contrario, pour d’autres, prendre le chemin de la liberté, c’est jeuner des réseaux sociaux pour s’en libérer, se déconnecter pour éviter de se disperser et se recentrer sur l’essentiel, grandir dans sa foi. Le carême est un temps pour renaître, et ses chemins sont d’une infinie diversité. Peu importe l’itinéraire, du moment qu’il permet de renouveler notre relation à Jésus-Christ. Faire ce que l’on veut, à l’image de ce que la société veut, n’est pas la liberté car elle n’est ainsi pas féconde. La vraie liberté s’exprime dans la charité, car l’amour libère de l’esclavage de notre ego. Pendant ces 40 jours, préparons-nous à nous détourner de nous-mêmes, de nos propres désirs, de nos tentations voire nos faiblesses, et de renoncer à ce qui nous éloigne de Dieu. Nous détourner de notre égoïsme et de notre liberté qu’on veut pour nous-mêmes, pour pouvoir aller vers les autres, les rencontrer et les aider afin de voir en eux le visage de Dieu.

Notre actualité est remplie de violences et de multiples conflits ou un grand nombre de personnes ont été laissées seules et isolées après une pandémie qui a bouleversé nos vies. En ces temps de crise sanitaire et économique, les besoins sont immenses dans le monde et à nos portes.

Comme l’avent fut pour nous une parenthèse de bienveillance pour accueillir Noël, faisons de ce temps de carême une parenthèse de bienveillance pour accueillir l’avènement de Pâques. Sortons de notre routine, de notre confort et habillons notre cœur de miséricorde et de compassion envers nos frères et sœurs dans le besoin. Écoutons leur souffrance et agissons en leur faveur par l’aumône et avec fraternité. Le carême ne peut pas être un moment triste, car par la Paques nous nous allons être les témoins de la vie qui est plus forte que la mort, de l’amour et de la miséricorde qui sont plus forts que la haine, du pardon qui est plus fort que la violence.

Contrairement à l’avent, qui par sa popularité est porteur de joie et de positif, le temps de carême souffre d’une connotation d’austérité et de négativité, alors qu’il est un temps de renaissance ultime car il est le chemin de l’amour et de la lumière. Il n’y a pas de façon prescrite pour un « bon » carême. A nous de trouver notre propre méthode pour sublimer ce temps de joie et d’amour que nous avons la chance de pouvoir expérimenter, en confiant nos efforts à Dieu et en nous nourrissant de son amour.

J’aurais aimé avoir le temps d’élaborer un calendrier de carême, comme le calendrier de l’avent que nous avons eu la joie de partager. Mais j’en ai trouvé un proposé par le pape François, que je vous propose ici.

 Je vous incite cependant à noter sur un carnet, un post it, un bloc note, chaque action, chaque petit geste ou chaque moment consacré a l’accomplissement de ce carême afin d’unir nos volontés et nos déterminations dans la foi.

Je vous souhaite un merveilleux temps de carême, un beau cheminement vers l’amour de Dieu et la lumière de Pâques, tous ensemble unis par la foi.

Tata Sophie

Engagement

Après cette jolie parenthèse de bienveillance qu’a été le partage du calendrier de l’avent, nous voici lancés sur la route de 2024 et la vie a repris ses droits et nous nos habitudes et nos devoirs…. C’est par un mot de la liste qui est fort que je vous propose de reprendre notre rendez-vous de partage et de réflexion, mot polysémique et très à propos en ce début d’année et son flot de résolutions : le mot engagement.

Par définition, l’engagement est l’action de se lier par une promesse ou une convention ; un contrat par lequel un individu s’engage à servir dans l’armée ; le fait d’être engagé dans quelque chose. C’est un mot qui peut s’appliquer à de multiples domaines avec un sens différent pour chacun, comme la médecine, le domaine militaire, le sport, la vie politique et sociale et la religion.

L’engagement permet l’expression de la réalisation de soi, l’épanouissement personnel et le renforcement de l’estime de soi qui donne du sens à l’action. Il existe différentes formes d’engagement, dans le cadre privé, civique, juridique ou salarial, avec des statuts différents et une dimension collective source de motivation à l’action éthique et responsable. Mais c’est avant tout une notion qui résonne bien plus sur le plan personnel et individuel que collectif.

Notre vie est jalonnée d’engagements, dont certains civils et religieux sont mêlés et sont des étapes de nos vies, comme le baptême et le mariage. Mais toute notre vie est faite d’engagements, c’est-à-dire d’actes par lequel on s’engage à accomplir quelque chose au contrat par lequel on se lie, que ce soit au niveau civique, privé, religieux ou professionnel. S’engager c’est avoir face à une situation donnée une attitude d’implication, de responsabilité avec en vue un rapport à l’avenir et un désir de réussite et de valorisation.

L’engagement est un des chemins pour réussir sa vie, il donne du sens et guide nos vies tel une boussole. Il peut faire peur car il chamboule nos habitudes de vie et que c’est un pari sur la confiance, la confiance en soi et en sa capacité d’aimer, et la confiance en l’autre et en celui qui s’engage avec vous. C’est une promesse, une parole garante de l’engagement, un choix qui se réalise dans l’action et la volonté.

Il n’y a pas qu’une seule manière de s’engager car l’engagement peut prendre de multiples formes. Tout individu, y compris l’enfant, peut décider d’agir et de s’impliquer au quotidien pour défendre un droit, une liberté ou venir en aide à autrui. On peut s’engager en s’impliquant dans une association, s’engager à la protection de l’environnement dans son quotidien, s’engager à ne pas gâcher la nourriture, s’engager à acheter français, s’engager à inciter les gens à voter, etc…..

 Faire preuve d’engagement c’est défendre des causes, tel le bénévolat en donnant gratuitement de son temps et de son énergie. N’importe quel engagement aura des effets positifs s’il est spontané bénévole et total. L’engagement peut être aussi collectif avec des groupes dédiés pour défendre des causes, en mettant en commun les énergies et les moyens pour mener des actions solidaires dans de nombreux domaines et auprès d’un large public. L’engagement c’est le supplément d’être et la force d’âme incarnés par les actions que nous pouvons porter au profit des autres. La vie des sociétés, des peuples, des pays, n’est pour finir qu’une somme d’engagements d’hommes et de femmes qui respectent des valeurs de dignité de vie et de liberté.

L’engagement c’est l’envie irrépressible de protéger, de défendre ce en quoi nous croyons, le meilleur de soi-même pour tester ses limites, de chercher l’aventure plutôt que la fin du voyage. S’engager c’est donner de soi pour les autres et recevoir en retour l’apprentissage de la tolérance et l’opportunité de faire des rencontres incroyables et inoubliables. L’engagement est un acte plein d’amour et d’entraide, d’actions et de respect, que nous choisissons d’entreprendre par le biais d’associations ou par la promesse d’aller au bout de ce que nous avons commencé.

S’engager c’est porter l’espérance d’une humanité plus belle. L’engagement prend tout son sens et est sublimé par la chance que nous avons d’être portés par notre foi et la plénitude qu’elle nous permet de vouloir et de pouvoir atteindre. Une fois de plus, au-delà des engagements sociopolitiques, engageons-nous dans nos vies de tous les jours, à l’image de Dieu et de son amour incommensurable, car il n’y a pas de petit engagement. Les mots n’ont pas la même valeur pour tous, c’est l’intensité et l’ampleur de ce qui est fait et l’importance que cela représente qui donnera un sens à l’acte.

Pensons à ces engagements si forts, comme l’engagement dans l’hospitalité, ou à l’image du groupe Aineo dont l’implication en temps et en énergie est un formidable exemple d’engagement et de partage d’amour. Soyons des acteurs engagés de nos vies pour former une chaine d’amour indestructible et construire un monde de bienveillance.

Tata Sophie