Sur la route de Pâques

LE CAREME : CHEMIN DE FOI ET D’ESPERANCE

Après avoir parcouru ensemble la route de l’Avent vers Noël, nous avons commencé cette année 2026 ancrés dans l’espérance, et partagé un fort moment spirituel lors de la veillée d’Aineo le 30 janvier. Nous avançons à présent vers la lumière de Pâques et sommes à quelques jours du carême, chemin de foi et d’espérance.

J’ai eu la chance de vivre pleinement cette année jubilaire en effectuant plusieurs démarches et pèlerinages, notamment à Rome, et cela a changé quelque chose en moi que j’ai envie de partager. La clôture de ce jubilé m’a provoqué un sentiment paradoxal, de tristesse et en même temps de renouveau et d’espoir. La tristesse, parce que c’est l’achèvement d’un temps fort avec ses rencontres, ses prières et ses élans partagés ; un élan nouveau parce que l’espérance par définition ne se referme pas, elle se transmet et pousse à avancer. Ce paradoxe est beau et un peu fragile à la fois, il représente le fait de quitter un cadre qui portait mais de repartir avec quelque chose en soi, un plus. Cette clôture n’est pas une fin mais un passage, ce qui a été vécu devient passage dans le quotidien, dans les engagements concrets, dans une manière plus confiante de regarder l’avenir même lorsqu’il reste incertain. Ce sentiment de paradoxe est en fait une mélancolie mêlée de désir d’avancer, signe que cela a vraiment compté.

Je m’estime chanceuse de vivre cette foi, libre et sans contrainte, et la partager me semble important et nécessaire. La foi et l’espérance vont souvent ensemble, la foi soutient le cœur, l’espérance lui donne un horizon. Ensemble, elles aident à tenir debout quand tout vacille. Garder la foi dans les épreuves, ce n’est pas être fort tout le temps, c’est continuer à avancer, même quand on doute. Garder la foi, ce n’est pas dire tout va bien, mais dire à voix basse, je tiens encore. Le doute n’est pas l’ennemi de la foi. Douter de sa foi à cause des épreuves est humain, ça ne veut pas dire que ta foi disparaît mais qu’elle est mise à l’épreuve. La foi n’efface pas la peur ou la tristesse. Pleurer, se décourager, se poser des questions, ce n’est pas perdre la foi c’est la vivre pour de vrai. Dans l’épreuve, les pourquoi restent souvent sans réponse. La foi c’est croire que ta souffrance n’est pas vaine, même si tu ne comprends pas encore. Lorsque la foi te semble trop lourde à porter seule, laisse quelqu’un croire pour toi un moment, un proche, une communauté, une parole qui rassure. La foi s’entretient bien souvent au jour le jour, non pas par de grandes déclarations, mais par des petits actes de confiance. Dans le doute, il est bon de se rappeler les traversées passées. Tu as déjà survécu à des choses que tu pensais insurmontables, cette mémoire-là est une lumière quand tout semble sombre. La souffrance bouscule les certitudes. Quand la douleur arrive, les réponses simples ne suffisent plus. Douter, c’est refuser une foi superficielle, c’est souvent le signe que tu prends ta foi au sérieux. Tu peux croire et douter en même temps, cela fait partie du chemin. Le silence, la colère, l’incompréhension ne sont pas des fautes, ce sont souvent des prières autrement formulées. Dans les épreuves, la foi change de forme. Elle n’est plus forcément consolation ou joie, elle peut devenir juste une petite braise qu’on protège du vent, une étincelle que l’on tente de préserver et c’est déjà énorme. Se poser des questions sur sa foi, c’est déjà ne pas l’avoir abandonnée.

Je souhaite à tous de ressentir cet élan de foi et d’espérance, porteur et moteur de nos vies. Et quel meilleur temps que le carême pour ressentir et assumer cette foi. Contrairement à l’Avent, qui par sa popularité est porteur de joie et de positif, le temps de carême souffre d’une connotation d’austérité et de négativité, alors qu’il est un temps de renaissance ultime car il est le chemin de l’amour et de la lumière.

Comme nous l’avons fait pour l’Avent, je vous propose de partager un calendrier de carême, sur le même principe d’ouverture d’une case chaque jour, qui nous offrira une petite invitation pour un geste de solidarité, un moment de prière ou de silence, une parole à méditer ou un acte de bienveillance à poser autour de nous. En partageant ce calendrier, nous nous soutenons mutuellement et nous donnons au carême une dimension collective et vivante. Chacun peut y participer selon ses possibilités, dans la liberté et la joie. Que ce calendrier devienne pour nous un fil conducteur, un rappel quotidien de l’essentiel et une occasion de grandir ensemble, pèlerins d’espérance pour toujours. Je vous invite donc à accueillir cette proposition avec un cœur ouvert et à faire de ce carême un temps de cheminement partagé.

Tata Sophie

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